L’appel à venir devant le monument aux morts le 18 juin

Peu de Ploemeurois peuvent se souvenir des années d’occupation qui ont suivi l’appel du 18 juin 40. Pour Renée Grenier, l’appel à se souvenir des sacrifices faits par beaucoup est toujours tenace.

IMG_5657.JPGAnne-Marie-Robic-2-copie-1.jpgRenée Grenier, née Robic, est la sœur d’Anne-Marie Robic (photo) , héroïne ploemeuroise de la Résistance. Aux côtés de sa sœur, même si elle n’avait que quinze ans quand l’occupation a commencé, elle a vécu en pleine conscience les événements de cette période. « Nous étions cinq enfants. Notre mère est décédée en 34, puis notre père en 36. Ma sœur et moi avons dû travailler. Anne-Marie chez un marchand de bières et vins du cours Chazelle et moi dans un collège ». En juin 40, elles n’ont pas entendu l’appel de de Gaulle. « Nous n’avions pas la radio mais l’information a vite circulé. Notre père était militaire de carrière et avait perdu une jambe à la guerre précédente. Nous avons entendu parler de la guerre toute notre enfance. La question que nous nous ne cessions de nous poser était combien de temps allait durer cette occupation. Ma sœur disait, on finira par les mettre dehors ».
La vie quotidienne était rythmée par les bombardements. En février 43, la maison familiale de Saint Mathurin étant à moitié détruite, la fratrie trouve refuge à Inguiniel chez des fermiers. « Il y avait là des nids de résistants. Un jeune maquignon, Célestin Chalmé, âgé de vingt ans battait la campagne pour en rôler les jeunes. Anne-Marie s’est engagée et je me suis retrouvée chargée de famille. Beaucoup se sont fait massacrer ». Ce sera hélas aussi le sort d’Anne-Marie dont le destin tragique est relaté dans les Cahiers d’Histoire du Pays de Ploemeur (visible ici dans les publications, cahier 2)
Il a fallu attendre 1989 pour que la municipalité honore sa mémoire en donnant son nom à la place où est situé le CCAS où siège le conseil. « Quand j’ai vu que le nom de Mitterrand a vait été donné à un boulevard, j’en ai fait la demande à la Ville soutenue par Jean Mabic alors conseiller » se souvient Renée. D’autres résistants ploemeurois se sont vus honorés depuis, tels Louis Croizer, jeune-homme de Saint Mathurin arrêté et décédé en 46 après son retour de déportation. Si vendredi, on se souviendra partout du 18 juin, Renée s’apprête à vivre comme chaque année, un juillet de commémorations devant les stèles posées sur le lieu du massacre de tant de résistants, regrettant que parfois si peu se déplacent place des FFL