"Enfin l’Algérie" ouvre le débat entre voiles et paraboles

Publié le par Sylvie

Ce film montré à Océanis le 19 mai, réalisé par Jacques Losay, amorcera une soirée débat sur l’Algérie d’aujourd’hui où vient d’être réélu Bouteflika en avril.

De gauche à droite, Anne-Marie Forner, Jacques Losay, Moufida Bellour, Marie-Claude Le Boulbar, responsable du secteur image et son à la Médiathèque, Lise Gosselin et Daniel Clabecq  de la Ligue de l’Enseignement

Le réalisateur. Jacques Losay est Ploemeurois et passionné de cinéma, tous genres confondus, du documentaire insolite à la fiction en passant par le témoignage. Membre des Vidéonautes, il s’implique depuis quelques années déjà à réaliser, avec son épouse, Anne-Marie Forner, lui à la caméra, elle au son, des courts métrages. Leur dénominateur commun : des interrogations personnelles, citoyennes, culturelles ou des coups de cœur de cet amateur, quasi professionnel, si ce n’est un moindre arsenal de moyens techniques.

Le film. Pourquoi l’Algérie ? Histoire de famille et de rencontres. « Ma femme est d’origine algérienne. C’était un projet depuis longtemps de faire ce voyage de retour. Un projet freiné par les avertissements de relations diverses et ce qui est relaté de l’Algérie dans les médias. Contrairement aux prévisions, Anne-Marie a retrouvé son quartier quasi intact ». Alors intox ou vérité dans la vision portée par les médias ? Ce voyage entre Alger et Constantine a été l’occasion de s’entretenir librement avec des Algériens, hommes et femmes, et donne ce documentaire de 59 minutes. Moufida Bellour, présidente de Danses et cultures du Monde, association de danse orientale, en souligne l’intérêt. « Contrairement à un documentaire officiel, ce film n’est pas victime de la censure ». Un film que la Ligue de l’Enseignement, co-organisatrice de cette soirée, avec la Ville, a estimé « propice à lancer le débat par sa richesse. C’est le premier d’une série de café-débats contre les discriminations », en profitent pour préciser Jean-Pierre Broseta et Elise Gosselin.

Le débat.
Cette vision souvent paradoxale entre voiles et paraboles, d’un pays qui impose à ses visiteurs français « un visa payant tel qu’il existe dans le sens inverse » mais s’engage dans le renouveau de son économie touristique, d’un pays « riche de ses ressources » mais « où on est loin de notre niveau de vie », alimentera le débat. Y participeront Mohamed Saki, professeur à l’Université de Brest, Moufida Bellour et Ali Saad, libraire et professionnel de l’audiovisuel franco-algérien.

Mardi 19 mai, 20 h 30, Océanis, salle Port Blanc. Entrée libre. Avec une note de saveur orientale en conclusion autour d’un thé et de pâtisseries algériennes.

Si les problématiques évoquées (modernité avec de gros chantiers ouverts avec l'aide des Chinois, sécurité avec les innombrables barrages de police, famille au rôle protecteur, liberté face à un régime dénigré par la population, éducation, langue française et lien avec les Français, Laïcité, place de la femme, voile, mixité, religion) dans ce documentaire sont celles de l'Algérie, elles peuvent aussi éclairer une partie de la société marocaine voisine où curieusement, avec un tourisme beaucoup plus développé, la parole ne se libère qu'avec des relations de confiance établies.

La médiathèque de Ploemeur a établi une riche bibliographie sur l'Algérie pour l'occasion et proposera même prochainement des films algériens au prêt, films qu'on ne voit qu'à domicile dans le pays qu'ils concernent, les salles de cinéma étant inexistantes depuis de nombreuses années. Quand ces films ne sont pas censurés.

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